Les
Blanchisseries
Au
19ème siècle le Conseil d'hygiène et de
salubrité publique favorise dans les
villes la création de blanchisseries au
profit des classes "laborieuses", il disait que
la propreté est non seulement une condition de
santé, mais qu'elle assainit tout en profitant à
la dignité humaine. De plus elle embellit le
plus pauvre logis. Il y avait aussi l'hygiène en
matière de linge à assurer dans les grands
établissements publics, tels que les hôpitaux,
les collèges, les casernes.
Les opérations : elles étaient au nombre de 11.
1)
Livraison du linge propre et ramassage du linge
sale :
le
soir le blanchisseur fait la tournée pour
remettre le linge propre et recueillir les
ballots de linge à nettoyer avec son cheval et
sa
voiture, il est de retour vers 21 heures.
2)
Le triage :
le
matin à 4 h 30, Ies ouvriers font le contrôle
des listes et ils marquent le nom
du
client. Le linge es trié par catégorie d'après
sa finesse, son état de propreté, de couleur.
3)
Le trempage :
consiste à plonger le linge dans des cuviers
en bois remplis d'eau froide.
4)
L'essangeage :
Dans de l'eau à 20° à qui l'on ajoutait de la
soude et de la potasse, le linge trempait 4 à 5
heures afin que les fibres du linge s'ouvrent et
soit prêtes à bien recevoir l'action de la
lessive. Ensuite placé sur des tréteaux de bois
le linge s'égouttait sommairement.
5)
Le coulage :
on place au fond du cuvier le carbonate de
soude, on y verse de l'eau jusqu'à ce que la
chaudière soit remplie. On place le linge sans
le tasser. On allume le fourneau qui chauffe
l'eau jusqu'à ébullition. La pression de la
vapeur fait monter la lessive dans le tuyau qui
la projette par le champignon qui le répartit
sur toute la surface du linge.
6)
Le savonnage :
le linge qui est retiré du cuvier est
distribué aux lavandières qui sont agenouillées
dans des boîtes de bois garnie de paille pour
les protéger de la projection d'eau. Elles sont
disposées autour du lavoir rempli d'eau. Elles
savonnent les taches apparentes. Elles frottent
le linge avec les mains, ensuite la brosse de
chiendent pour faire partir les plus rebelles.
Quant au battoir, il évacue l'air. Le lavoir est
vidé et de nouveau rempli d'eau pour rinçage.
7)
Le rinçage :
dans l'eau propre du lavoir, on a mis des
boules de bleu pour lui donner un éclat plus
blanc. Pour le linge à empeser on fait dissoudre
dans l'eau de l'amidon. Certaines blanchisseuses
emploient de la farine qui est plus économique.
8)
L'essorage :
il se pratique à la machine avec une
essoreuse, un appareil aux parois percées d'une
infinité de petits trous pour évacuer l'eau
soumise aux effets de la force centrifuge. Cet
appareil est entraîné à la main par une
manivelle. Pour les draps ou les nappes qui
représentent de grandes surfaces, on utilise de
préférence une essoreuse à rouleaux. En
traversant entre deux cylindres de bois, l'eau
du linge est évacuée par pressage.
9)
Le séchage :
le linge conduit à l'étendoir va sécher sur
des cordes de chanvres reliées à des perches à
l'extérieur. S'il pleut ou s'il gèle il est
étendu dans des paniers aménagés avec des
ouvertures garnies de jalousies ou de lattes de
bois pour assurer la ventilation.
10) Le calendage ou repassage :
avant le repassage le linge est humecté avec un
goupillon, ensuite il est posé sur une grande
table garnie de couverture moelleuse, recouverte
d'une grande toile blanche. Les fers à repasser
sont passés à la toile émeri puis on les chauffe
pour passer de la bougie ou de la cire solide,
on les essuie avec de vieux chiffons et ce, pour
les faire glisser et les empêcher de coller sur
le linge amidonné. La repasseuse prend son fer
et le porte à proximité de sa joue pour
se
rendre compte de sa température. Il ne doit pas
être brûlant pour ne pas roussir le linge.
Pour le linge amidonné ou glacé il y a des :
- fers à repasser spéciaux .
- fers à glacer pour les chemises amidonnées
- fers polissoirs pour les coins de linge
inaccessibles.
- fers à tuyauter pour les volants
- fers à coq pour les fronces
- fers à repasser les fonds de bonnets, etc.
11) Pliage du linge :
le linge est plié, mis en paquet dans un
grand linge blanc a attaché avec de grosses
épingles ou noué a aux quatre coins avec le n°
du client. Le paquet est placé dans une
"manette", grande corbeille en osier pour la
livraison.
Nature des taches et procédé pour les retirer
(voir document ci-dessous).
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NATURE
DES TACHES SUR LE LINGE ET PROCÉDÉ
POUR
LES
RETIRER
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Les taches albumineuses ou
gommeuses se traitent à
l'eau chaude.
Taches de matières grasses
se
traitent au savon ou lessive
alcaline, potasse, soude ou
ammoniaque, le savon de
Marseille
marbré est renommé pour sa
vertu détersive.
Taches d'encre se
traitent au sel
d'oseille, qui est un oxalate
d'acide de potasse, lequel
décompose le gallate de fer
insoluble que constitue l'encre
et le
change en oxalate de peroxyde
de fer, soluble à l'eau.
Taches de rouille se
traitent à l'acide sulfurique.
Il se forme un sulfate de fer
soluble à l'eau.
Taches de peinture se
traitent à
l'essence térébenthine.
Taches de fruits se
traitent à l'eau
de javel.
Taches d'azote d'argent,
et taches de sel se traitent
avec du vannure de potassium
(poison très violent) ou par une
dissolution d'iodure de
potassium à
laquelle on ajoute un peu
d'iode. La
tache est ensuite lavée à l'hyposulfite
de soude concentré, et rincée à
l'eau.
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A
Neuilly Sous Clermont
Il y avait deux lavoirs, chacun situé à
l'extrémité du village et alimentés en eau de
source par le ru de Coutances et le ru de
Chelles qui prend sa source près de la mare.
Nos anciens ont connu les lavandières avec
leur brouette chargée de la lessiveuse, du
battoir, de la niche de bois garnie de paille,
la brosse de chiendent et le savon.
C'était le lundi qu'il y avait affluence aux
lavoirs et là les conversations allaient bon
train et personne n'était épargné.
Aujourd'hui le lavoir de la rue de l'Église
est recouvert de terre mais intacte, celui près
de la mare a été cassé.
Restauration d'un lavoir à Cambronne
Le 10 Mai 1875 le Conseil Municipal délibère
pour acheter l'emplacement d'un ancien lavoir
public afin d'y établir un nouveau lavoir au
lieu-dit la Rue de Vaux à Cambronne.
Ce lavoir avait une longueur de 5,20 m et
3,10 m de large, 2 murs de 1 m de haut sur les
longueurs, une charpente et une toiture de 6 m
30 de long, pour une hauteur de 3 m 60.
L'eau de l'ancienne fontaine de Vaux alimentait
le lavoir par une conduite de tuyaux gris, sur
une longueur de 200 m, ensuite les eaux
du
déversoir guidées par un conduit allaient se
jeter dans le trou Jules Pronier distant
d'environ 137 m.
Aujourd'hui il ne reste plus que le bassin
qui est toujours en eau.
Les lavandières
Trois lavandières
Battent l'eau claire
A la fontaine du
Haut-pré;
L'une dit : (Elle avait
pleuré)
« Voici nia chemise de
noces ! » C'était un
chiffon déchiré
Gare à qui moque
Bonheur en loques !
Trois filles rousses
Battent la mousse
Au lavoir du
Clos-sans-abri;
L'une dit : (Elle avait
souri)
« Voici ma fleur de
vertu folle ! »
C'était un vieux ruban
flétri
Gare aux paroles
Qui trop tôt volent !
Trois filles blondes
Dans l'eau profonde
Plongent leurs bras
veloutés;
L'une dit : (Elle avait
chanté)
« Voici la robe de
baptême
De celui qu'Amour m'a
bouté ! »
Chante de même
Qui ton cœur aime !
Phileas Lebesgue
Les Métiers 1913
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